Logiciels libres et formats de fichier ouverts dans le cadre d’une association
| 1 | Constat |
| 2 | Proposition |
| 3 | Historique |
| 4 | Problématique actuelle |
| 5 | Liberté menacée ? |
| 6 | Ethique |
| 7 | Pour nos enfants |
| 8 | Formats de fichier ouverts |
| 9 | Changer en douceur |
| 10 | Résumé des avantages |
| 11 | Quel format utiliser ? |
| 12 | Quels autres outils ou logiciels utiliser ? |
| 13 | Références |
Les bénévoles d’une association comme Attac utilisent presque exclusivement des logiciels propriétaires sur leurs PC personnels. Ceci comprend principalement le traitement de texte Microsoft Word, le tableur Microsoft Excel, le navigateur Microsoft Internet Explorer, les antivirus Norton ou McAfee. Le tout sur un système d’exploitation Microsoft (Windows 98, Me, XP) à l’exclusion de tout autre ! Ces logiciels utilisent et produisent des fichiers au formats propriétaires fermés (.doc, .xls, ppt...) que nous nous échangeons par email et que nous publions sur les sites (http://www.local.attac.org/attac74/ ou http://www.fsd74.org), ce dernier basé sur le CMS1 Spip, le seul logiciel libre mis en oeuvre par l’association Attac.
Ce document décrit la situation actuelle, explique pourquoi il est nécessaire d’utiliser des logiciels libres et des formats de fichier ouverts dans le cadre de l’association et les moyens d’évoluer en douceur.
Il est proposé que les bénévoles d’Attac utilisent désormais des logiciels libres. L’échange et la publication des documents entre bénévoles et à destination du public se basera sur des formats de fichier ouverts. L’enjeu n’est pas seulement informatique, mais aussi éthique et pédagogique.
Les formats de fichiers ouverts suivants sont recommandés : .pdf pour les documents non modifiables, .rtf pour les documents modifiables avec mise en page, et .txt pour les documents bruts.
Ce document présente aussi d’autres logiciels libres qui remplaceront avantageusement les logiciels propriétaires.
La problématique des brevets logiciels n’est pas traitée ici.
Les logiciels propriétaires nous ont été imposés à l’achat de nos PC. On ne nous a pas proposé d’alternative, et aucun d’entre nous n’a fait la demande individuelle d’un environnement non Windows. Personne non plus n’a demandé la désinstallation et le remboursement de Windows pour installer un Linux par exemple. Les raisons économiques de cet état de fait sont multiples et je ne veux pas rentrer ici dans le détail. Il n’est pas question de culpabiliser quiconque. Mais le vent tourne et les logiciels libres deviennent une véritable alternative pour le particulier.
Il s’avère que les logiciels propriétaires sont coûteux en cas de mises à jour, qui sont régulières autant qu’inutiles (sauf pour IE qui est gratuit mais obsolète). Il sont gourmands en ressource si bien qu’il nous faut toujours plus de mémoire, de disque dur, de puissance de processeur. Nous nous trouvons parfois obligés de changer de PC, alors que nous exécutons toujours globalement les mêmes tâches (sauf les jeux). Ces logiciels nous ont enfermé dans l’utilisation de formats de fichiers propriétaires fermés.
A cause de leur nature propriétaire et soumise à une licence contraignante, nous n’avons pas le droit de donner à un autre membre de l’association ces logiciels en les copiant. Personne ne sait ce que ces logiciels font à notre insu sur notre poste ou lorsque nous nous connectons à Internet. Nous subissons de manière croissante les spams et les virus. Tous ces logiciels utilisent des formats de fichier propriétaires fermés.
D’autre part, nous en imposons l’achat et l’utilisation à tous les contacts de l’association car les fichiers générés par ces logiciels ne peuvent être lus qu’avec le logiciel ayant permis leur création. Le récepteur du document est obligé d’utiliser le même logiciel que l’émetteur du document. Par exemple, lorsque vous transmettez un compte-rendu en .doc, votre correspondant est obligé de posséder Microsoft Word pour le lire. Lorsque ce compte-rendu est publié sur un site dans ce même format, cela oblige tout le monde à utiliser Microsoft Word pour le lire et l’imprimer. Ce qui pose un problème parce que ce logiciel est propriétaire, payant, et disponible uniquement sur la plate forme Microsoft Windows. Quid des possesseurs d’Apple MacOS, de Linux ou des utilisateurs de traitement de texte non Microsoft ?
L’utilisation de formats de fichiers fermés viole donc deux principes :
L’utilisation de formats de fichiers fermés au sein d’une entreprise privée n’est pas un problème car celle-ci met à disposition (à grand frais) de ses employés les outils permettant de communiquer. En revanche, dans le cadre d’une administration publique, d’une association comme Attac ou de particuliers, l’accès aux informations doit être garanti pour tous, et la liberté de tous doit être respectée.
Chacun de nous réalise en publiant en format propriétaire et particulièrement en .doc une publicité indirecte pour Microsoft. Est-ce bien notre rôle ? C’est encore pire du point de vue éthique : quel exemple donnons-nous par exemple à nos enfants si chacun de nous se place en incitateur indirect à la copie illégale du ou des logiciels. Avons-nous tous acheté chacune des multiples mises à jour de Word 95 jusqu’à Word 2003 ? Qui a déboursé le prix fort pour passer de Microsoft Windows 98 à Microsoft Windows XP en passant par tous les intermédiaires ? Lequel d’entre nous n’a pas au moins une fois remplacé son PC au seul but de bénéficier d’un matériel permettant de lancer une meilleure version de la suite Microsoft Office ? La réponse à la problématique des logiciels libres est ligne avec les combats d’Attac.
La question fondamentale et de choisir entre 2 options :
Le fait d’utiliser à la maison des logiciels libres et d’y sensibiliser nos enfants dès leur apprentissage, permet de les soustraire au monopole de fait du tout Microsoft, ou plus généralement du tout propriétaire. Ce qui est cohérent avec une utilisation de plus en plus fréquente de ces logiciels à l’école, au collège et au lycée, même si ce n’est pas encore le cas dans tous les établissements de la région. Cela permet aussi, comme nous l’avons vu de sortir de sortir de l’illégalité. Les logiciels sont libres sont pour la plupart gratuits, il n’est plus « nécessaire » d’enfreindre la loi pour les copier ! Cela permet aussi de réduire la fracture numérique, en mettant sur un pied d’égalité les parents devant l’achat et la mise à jour des logiciels.
L’utilisation de logiciels libres par Attac pourrait être le moyen d’en promouvoir l’utilisation auprès des personnes intéressées par l’association.
Il n’est pas possible, ou très difficile, de lire les documents publiés en .doc lorsqu’on ne possède pas le logiciel propriétaire et payant Microsoft Word et le système d’exploitation Microsoft Windows. Il est par contre très facile de lire un document écrit en format ouvert par n’importe quel traitement de texte libre, même sous Microsoft Windows.
Les formats ouverts sont des formats de fichiers dont les spécifications sont publiées intégralement et sont librement utilisables. Ils ne doivent pas être soumis à des brevets. Comme les spécifications sont disponibles, on pourra toujours trouver un programme pour lire ces fichiers et récupérer ou convertir le contenu. Cette liberté est fondamentale.
Au contraire, les formats de fichiers propriétaires fermés, eux n’apportent aucune garantie quant à la pérennité des données dans le temps. En effet, il suffit que l’éditeur du programme cesse de le maintenir et que le programme ne tourne pas sur de nouveaux systèmes pour que l’on se retrouve avec ses données littéralement perdues, car les fichiers qui les contiennent seront devenus inexploitables. Pensez aux problèmes de mise en page que vous rencontrez lors de la lecture avec Word 2000 d’un fichier Word 97.
Pour toutes ces raisons, l’utilisation de logiciels libres respectant des formats de fichiers ouvert au sein de l’association s’impose. Il n’est pas question ici de révolution. Le passage au monde du logiciel libre est possible en douceur. La première étape consiste à se défaire des logiciels propriétaires pour les tâches les plus courantes : traitement de texte, tableur, édition graphique, lecture du courrier, navigation sur Internet, antivirus. Pour ce faire, les logiciels libres et gratuits suivants sont parfaits dans un environnement Microsoft Windows (98, NT, Xp...) :
Notez que ces logiciels cumulent les avantages : puissants, fiables, gratuits, moins volumineux, plus rapides en général et respectueux des standards. De plus, ils sont moins sensibles aux virus. Dans le cas d’OpenOffice, 95% des fonctionnalité de Microsoft Word sont présentes.
Vous pouvez vous les procurer en téléchargement si vous avez l’ADSL ou par les CD inclus dans certaines revues en kiosque pour un prix modique. Je peux également vous les fournir sur un CD. Il n’est pas nécessaire ni souhaitable de changer tous ces logiciels simultanément ! Il est recommandé de commencer par OpenOffice puis par Mozilla qui sont simples à mettre en oeuvre.
En tout état de cause, une présentation en situation de ces logiciels et une mini formation s’imposent, même si ces logiciels ne sont pas plus difficiles à installer et à maîtriser que ceux de Microsoft. Ils demandent une modification de nos habitudes. Rappelez-vous que votre environnement actuel vous a demandé des efforts d’apprentissage. Je me propose d’organiser une session au cours du premier trimestre 2005. La deuxième étape consistera à installer un système d’exploitation libre comme Linux en parallèle sur votre ordinateur. Probablement lors d’une session organisée par un LUG (Linux User Group) comme celui qui a participé au FSD 2004. La troisième étape sera de supprimer totalement tout logiciel ou système d’exploitation non libre !
L’utilisation de logiciel libres répond donc aux exigences suivantes :
TXT : Le format texte brut (.txt) est sans aucun doute le format le plus universel et le plus ouvert qui soit. Mais aucun mécanisme de présentation du document n’est prévu (pas de gras, italique, pas de polices différentes, etc...). Toutefois, ce format pourra remplacer le format Microsoft Word dans les trop nombreux cas où la présentation est inutile, voire dérangeante pour le lecteur.
HTML : ce format est le format utilisé pour réaliser des pages Web. Il permet de conserver la présentation générale d’un document. Il est recommandé notamment lorsque l’information vise à être mise en ligne dans le cadre d’un site Web. Le format HTML est en fait un langage simple composé de balises permettant de mettre en forme un document. On peut donc produire un document HTML avec n’importe quel éditeur de texte brut, à condition de connaître le langage. Cependant, ce format n’est pas fait pour l’impression mais pour l’écran.
PDF : ce format est un format développé par la société Adobe. Il est difficilement modifiable, mais a l’avantage de conserver avec exactitude la présentation du document. Il est donc hautement recommandé dans les cas où le document n’est pas un document à compléter, ce qui est très souvent le cas. Notez que OpenOffice permet d’exporter des documents en format PDF de très bonne qualité et très simplement.
RTF : (Rich Text Format) ce format est comme son nom l’indique un format de fichier texte enrichi. Bien que créé par Microsoft, il est ouvert et documenté. Il permet de conserver une certaine présentation du document, notamment les mises en gras et italique, les changements de polices, de taille et de couleur. Il est donc recommandé dans le cas de documents plus complexes, dans lesquels l’absence de présentation pose problème.
JPG : (Joint Photographic Expert Group) le JPEG est parmi les plus efficaces formats de compression d’images disponibles à ce jour.
OGG : (Ogg Vorbis) Ogg Vorbis est une technologie d’encodage audio parfaitement ouverte, non brevetée, professionnelle et possédant l’avantage d’être "open source". Ogg Vorbis est un nouveau format de compression sonore. Il peut être comparé à d’autres formats utilisés pour enregistrer et lire des fichiers audio tels que MP3, VQF, AAC, etc... Il est différent de ces autres formats puisqu’il est complétement libre, ouvert et non breveté. Certains baladeurs (iRiver) sont compatibles de même que certains lecteurs DVD de salon (Kiss).
1Content Management System - système de portail pour la collaboration
Logiciels libres et formats de fichier ouverts dans le cadre d’une association JCMoriaud - 29/03/04 - jcmoriaud@yahoo.fr
Et pouquoi pas franchir un pas de plus et utiliser un système libre, comme par exemple Linux, voire BSD ?
Personnellement je ne suis pas contre l’économie de marché et le capitalisme — en revanche je suis contre les monopoles !
Et Linux n’est plus réservé à des spécialistes. On peut d’alleurs le tester sans aucune incidence sur le système déjà installé avec un "live CD".
PS je n’indique pas mon adresse courriel à cause du spam, mais vous pouvez me joindre grâce à Google — ou autre moteur de recherche...
Excellent article, complet.
Juste une remarque complémentaire : pour aller plus loin (et suivant à qui on s’adresse), on peut utiliser d’autres formats libres, mais pas lisibles par les habituels produits non libres, pour pousser la personne à se renseigner sur ces logiciels, voire à les adopter...
On utilise ainsi la stratégie des logiciels non libres, mais pour la bonne cause ![]()
Exemple : envoyez un document ’traitement de texte’ au format OpenOffice.org (OOo), que Word ne sait pas lire... Si ça coince, vous pourrez toujours l’envoyer en .rtf ensuite. Quoique pour certains documents plus complexes, le format original d’OOo reste nécessaire...
L’article est en effet très complet, avec cependant quelques précisions qui s’imposent :
Certains des formats de fichiers présentés ici ne sont à ma connaissance pas libres (rtf est un format...Microsoft ! jpeg n’est pas libre non plus, à l’inverse de png, me semble-t-il, et le pdf n’est pas un format libre non plus).
Antivir, excellent antivirus gratuit au demeurant, n’est pas libre. Il est gratuit dans sa version basique pour un usage personnel (non commercial, et pas en réseau). Le seul antivirus libre qui existe est clamwin, qui, bien que prometteur n’est pas encore parfait.
Il est fait allusion à MacOS, qui est un excellent OS, mais pas libre non plus. Le seul OS libre est Linux, dans ses différentes distributions (Debian, Fedora, Mandrake..).
J’ai cru aussi que l’emblême de firefox était un renard de feu... Eh bien, il semble que ce soit...un panda rouge ! C’est en tout cas ce que j’ai pû lire dans certains articles qui en parlent. Mais ça ne change rien à l’excellence de ce navigateur, qui va menacer (enfin, espérons-le) cette cochonnerie de MS Explorer...
Mais à part ces quelques remarques, c’est à dire pas grand chose, je partage pleinement le contenu de cet article, et ce qui vaut pour une association, vaut pour les écoles, et dans certaines limites, pour les administrations ou des entreprises, d’ailleurs.
Il faut promouvoir le libre, les enjeux sont considérables...
Bravo pour cet article complet sur les logiciels libres !!
Pour ma part, j’insiste sur l’utilisation de Mozilla FireFox. C’est vraiment un excellent navigateur, bien meilleur qu’Internet Explorer, du tout puissant Microsoft. Aller le télécharger, l’installation est très facile.
Les sites ont souvent un système d’identification du navigateur de chaque personne qui se connecte ! Constat : presque tout le monde utilisait Internet Explorer
.
Or, en quelques semaines, Firefox (Le renard de feu ?) représente 10 % des navigateurs
. C’est une grande nouveauté : plus personne n’a d’excuse pour continuer à utiliser le navigateur dépassé de Microsoft.
Passer au renard !
Ajouté à cet article la référence suivante :
http://expace.lautre.net/info_mili/ Une introduction à l’informatique militante : usage militant des moyens informatiques
un article que je ne conaissait pas dont un des auteurs est Yannick Patois, l’intervenant pour la conférence logiciels libres du FSD 04.