En attendant de relater plus largement cette magnifique journée ensoleillée et illuminée de "Paroles de résistance", tellement revigorante et optimiste grâce aux éternels jeunes Raymond Aubrac et son compère le pétillant Stéphane Hessel, le site du FSD met en ligne le communiqué de l’association Citoyens Résistants d’Hier et d’Aujourd’hui (CRHA) publié le 17 mai 2009.

Outre nos valeureux anciens, Alain Refalo [1]et Michaël Guyader se sont exprimés sur leurs appels respectifs à la désobéissance (ici lettre Refalo et lettre Guyader).
Symboliquement placées entre Raymond Aubrac et Stéphane Hessel, leurs interventions ont été remarquables et très applaudies.
C’est le président de CRHA Didier Magnin qui avait ouvert le ban avec un discours fort et engagé. Il expliqua la philosophie de ce rassemblement, c’est à dire la nécessité de la transmission et de la pérennité de l’esprit de résistance qui anima les plus anciens dans des circonstances bien particulières, en direction des générations actuelles appelées à retrouver le sens de l’indignation et à résister à la casse actuelle des liens de solidarité et de fraternité hérités du programme du CNR.
Raymond Aubrac appelait d’ailleurs de ses voeux citoyens et politiques à la mobilisation pour un "nouveau programme de vie commune", à l’image de ce qu’a été celui du CNR
Et et et ...... en exclusivité le texte lu par notre poète du jour Yves Béal... Cliquer ici.
| Et si on vous donnait la parole à vous, citoyens résistants, montés sur le plateau à pied, en vélo ou en voiture ? votre présence, votre enthousiasme et votre générosité ont fait de cette journée un immense succès. Et si vous laissiez vos témoignages sur ce site dans un article spécial : mes Glières 2009 à moi ! sorte de livre d’or pour immortaliser l’instant ? De nombreux témoignages commencent à arriver sur l’adresse de CRHA citoyen.2008(arobase)yahoo.fr, continuez, on mettra en ligne ! Et les photos aussi, pourquoi pas, sur un autre article photos Glières 2009 |


CRHA communique Ce dimanche 17 mai, environ 4000 personnes se sont réunies à l’appel de l’association « Citoyens Résistants d’Hier et d’Aujourd’hui » au Plateau des Glières, haut lieu de la résistance. Ils entendaient rappeler au président de la république, qui en a fait un pèlerinage annuel, que sa politique tourne le dos au programme du Conseil National de la Résistance. N’en déplaise à certains responsables locaux voulant figer l’histoire de la résistance dans le passé, ce rassemblement fut un véritable succès. |


Bonjour,
C’est loin de vous tous geographiquement mais bien presente en esprit que je prends part a vos mouvements HUMANISTES. C’est bon d’entendre les ancetres parler du present et taches a mener car c’est l’avenir de L’Humanite qui est en jeu. Je sais bien aux echelles continentale, nationale, regionale beaucoup de choses sont a faire mais ne perdons pas vraiment de vue que c’est le projet d’avenir qui se joue et que celui qu’on nous dessine ressemble horriblement a celui d’un Huxley ou d’un autre ’hygieniste’. C’est en fait a mon sens ici, la cle de notre combat, a savoir, celui de definir tous ensemble le projet de developpement de notre espece humaine dans le respect des droits de l’Homme. Que cette declaration vive, que chacune de ces paroles soit reelle et non plus figee sur le papier en guise de baume republicain.
Bien a vous toutes et tous
Mes moments forts, des interventions des Glières.
Nous boitillerons longtemps, bancroches béquillards de la mémoire,infirmes de l’histoire...
Saurons-nous un jour,une minute ,un instant PENSER tzigane, juif, communiste, homosexuel, palestinien, indien, noir, tamoul, kurde, handicapé.....
Oui , j’ai apprécié le poète Yves Béal.
Viviane vint nous lire la lettre de son père Henri Bouvier ,représentant incontestable des combattants volontaires. Il adressa aux nouvelles générations un message d’espoir et d’encouragement. Je rapporte une phrase d’Henri Bouvier qu’il a écrite dans une tribune libre ,en rapport avec le film "Walter retour en résistance". < 65 ans après la libération ,serait-il subversif de rappeler que la finalité de la résistance était certes la libération du territoire national,mais aussi celle de l’Homme >
j’ai adoré Didier Magnin
Ses "comment ne pas être indigné".
Sa conclusion " les combats peuvent être gagnés par ceux qui luttent et résistent, mais sont déjà perdus par ceux qui abdiquent !"
Son rappel d’une phrase de John Berger " la majorité des gouvernants garde le troupeau au lieu de tenir le gouvernail ", introduisait par avance l’intervention de Raymond Aubrac.
Ce dernier rendait hommage à son ami Serge Ravanel récemment décédé. Puis son analyse ,tournée vers l’avenir tout en prenant ses sources dans l’histoire de notre pays,son exhortation du besoin de projets, de programmes à long terme pour le futur, en partant de celui du CNR. Raymond Aubrac terminant son discours par " et comme Lucie, merci " qui en a ému plus d’un-e.
Alain Refalo émule de Gandhi, dans une intervention circonstanciée ,vint nous dire que l’école de la république est en danger du fait des tentatives de marchandisation de l’enseignement . Il rappela que l’école est le ciment de la république. Cet acteur de la non-violence nous fît part des énormes sanctions financières auxquelles il est soumis ainsi que les autres désobéisseurs. Son : il est minuit moins cinq .... accable, mais la suite de son discours nous laisse espérer, et comme Didier Magnin avec ses "comment ne pas être indigné..." Alain Refalo termine par des " aurons nous l’audace..." qui nous encouragent.
Le docteur michaël Guyader fut indigné et eut l’audace ,d’interpeller la France en dénonçant les outrances du président de la république concernant le traitement des fous. Son discours empreint d’un humanisme chaleureux ,qu’il sut parsemer de références à ses glorieux ainés en psychiatrie ou de citations de penseurs ,de poètes, captiva par ses paroles d’indignations, étayées et sincères.
En conclusion Stéphane Hessel nous rappela, que nous avons la possibilité d’être des citoyens résistants, en appuyant ceux qui préfèrent la légitimité à la légalité, et en créant des réseaux de solidarité. Il termine,en passeur de lumière, par cette phrase : résister ,c’est refuser d’accepter le déshonneur et je le dis à ceux venus de Grenoble ou d’ailleurs qui commencent leur vie de jeunes.
Cette journée fera-t-elle date ?
On a senti le début de quelque chose d’important. J’ai été particulièrement sensible au rappel de la formule de Ghandi "La fin est dans les moyens" (d’ailleurs depuis plus de douze ans en première page de mon site). Elle incite à se poser quelques questions. Au-delà de la résistance, qui est par définition "contre" quelque chose, il faut maintenant des propositions positives, un nouveau projet de société, au sens de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1793, pour qui le but de la société est le bonheur commun.
Mais si "la fin est dans les moyens", peut-on admettre que ce "bonheur commun" se réalise sur des bases comme la vente d’armes, une lourde dette écologique pour nos descendants, le maintien dans la misère de vastes populations dans d’autres pays ?
A l’évidence, non. Par conséquent le défi est double. Il faut non seulement élaborer un projet d’une société qui ne soit pas fondée sur de telles bases, qui sont celles d’aujourd’hui, mais en plus indiquer précisément les moyens réalistes d’assurer la transition. C’est la partie la plus difficile, trop souvent éludée. Il est frappant de voir, par exemple, que même le programme de 68 pages d’une formation comme Europe Ecologie n’aligne que de vagues banalités sur ce point crucial.
En bref, il nous faut définir non seulement le but (la fin), mais aussi la méthode pour l’atteindre (les moyens).