Revue de presse : renseignements, dates de projections, liens, extraits vidéos, interview du réalisateur sur radio France Bleu Pays de Savoie.... voir en bas de page.
Après « 8 Clos à Evian », « Ma mondialisation », « ça chauffe sur les Alpes », le réalisateur haut-savoyard Gilles Perret récidive avec un nouveau film personnel et atypique intitulé « Walter, retour en résistance ». Nous avions relaté sur ce site la soirée d’avant-première haut-savoyarde du film le 30 janvier (voir ici).
Depuis lors, le film fait son chemin en Haute-Savoie : le réalisateur souvent accompagné de Walter Bassan, personnage central du film, répond aux invitations des salles du département. A chaque fois, devant une salle comble, le débat s’engage avec conviction. Comme si la parole trop longtemps retenue devait brusquement jaillir à propos d’une période dont on pensait qu’elle n’intéressait plus guère « les gens », exceptés quelques anciens attablés autour d’un jeu de cartes, ou réunis autour d’un drapeau et d’un discours le 8 mai.
La raison tient à un fameux tandem, constitué du jeune cinéaste au regard sensible et humaniste, et de « l’ancien », attachant et inusable Walter, infatigable transmetteur de parole et animateur du concours de la Résistance dans les établissements scolaires du département. Il n’est qu’à voir dans le film le regard humide de ces jeunes lycéens (tout comme le spectateur), écrasés par ces tellement banales constructions en brique rouge de Dachau : ceux-là ne pourront jamais oublier cette image.
Ce sont à ce jour près de 4000 spectateurs qui ont déjà vu ce film grâce au bouche à oreille, en attendant d’autres projections régionales, puis la sortie nationale. En fait, pas tout à fait par la seule action du bouche à oreille, car la presse locale se fait l’écho de la polémique qui a peu à peu vu le jour, suite aux réactions d’hommes politiques et publiques haut-savoyards.
Évidemment les apparitions en « guest stars » à la fois du Président de la République et de celui de l’Assemblée nationale (excusez du peu !), et, disons-le, assez peu à leur avantage (doux euphémisme !), ne pouvaient laisser de marbre dans un département fief du parti au pouvoir dans notre pays.
Et la question de fond c’est Gilles Perret qui la pose au Président de l’Assemblée Nationale, déclenchant la colère de ce dernier : « la politique du gouvernement actuel que vous soutenez ne tourne-t-elle pas le dos aux valeurs du Conseil National de la Résistance ? ». Et là ça chatouille où ça fait mal : évidemment c’est là le programme assumé et revendiqué du MEDEF.
Le Président de l’Assemblée Nationale Bernard Accoyer dans un article du Messager (voir ci-dessous) déplore avoir été trahi et évoque rien moins que des méthodes « staliniennes ». Si on peut entendre que le procédé du réalisateur n’est pas très sport (la caméra cachée après l’interview officielle), il n’en est pas moins couramment employé dans quantité de reportages télévisés. Mais que contester du fond de l’interview ?, constituée de questions précises auxquelles il avait tout loisir de répondre ? Questions que d’ailleurs peut-être même certains gaullistes ne renieraient pas ?
Résumons donc ainsi : un journaliste qui ne pose pas de questions et donne gentiment les images et les déclarations zofficielles à ses patrons, se contente de demander si on est dans le pays du reblochon et... quel est le nom de la cascade là-haut ? est un BON journaliste. Celui qui se préoccupe de questions économiques et sociales, qui pose éventuellement des questions qui dérangent (bref, son boulot !) est un stalinien. Ce pourrait être cocasse s’il ne s’agissait pas de la question de la liberté de la presse d’une grande démocratie (liberté décrétée et consacrée par le CNR).
Le sénateur Hérisson n’est pas en reste "ce film est une incitation à la haine, une caricature de l’action du Président de la République...". On parle si peu de l’action du Président de la République dans le film... ne serait-ce pas plutôt son comportement qui vous met mal à l’aise, si peu digne lorsqu’il s’adresse aux derniers survivants des républicains espagnols venus combattre au Glières ? Le respect se mérite, M. le Sénateur, n’êtes-vous pas d’accord ?
Côté blogs-voyez-comme-moi-même-je-m’aime-personnellement, le « triste sire » député ci-dénommé Lionel Tardy quant à lui, sûrement le petit doigt sur la couture du pantalon de porte-flingue de son patron à l’assemblée, ne trouvait rien de mieux que de publier sur son blog un article injurieux et méprisant évoquant le « triste sire » Walter Bassan (il corrigera plus tard ce dérapage, sans doute pris de quelque remords, changeant le mot « triste sire » par « dindon »). Traiter un résistant alors âgé de 17 ans, arrêté et déporté à Dachau de "triste sire" ou de "dindon"... Que faisiez-vous à 17 ans M. Tardy ? Qui êtes-vous pour oser parler ainsi ?
Leur courroux : le rapprochement entre des événements, des points de vue historiques qui tenteraient de rapprocher certaines attitudes de l’époque, et d’aujourd’hui.
Le rôle de la presse nationale en question
Les paroles les plus virulentes qui ont le plus choqué sont étrangement l’œuvre du Général Bachelet, par ailleurs respectable et respecté Président de l’Association des Glières, et pas réputé étiquetté UMP. Celui-ci, à l’issue d’une projection publique a prétendu avoir vu dans le film « des ferments de guerre civile » et des « paroles de haine ». A sa décharge, son rôle peu enviable de « paillasson présidentiel » au cimetière de Morette n’aurait jamais dû être connu que de lui-même ; affront suprême à ce serviteur fidèle et éternel de la Grande Muette et de la République.... sauf que la caméra de Gilles Perret veillait. Au fait, pourquoi aucune image de cet épisode dans les médias zofficiels ?
Le réalisateur le raconte dans les débats post-projections : tous les médias convoqués, transportés, nourris, blanchis (bref « embarqués » ou « embedded » comme disaient les américains pendant la guerre d’Irak), bien préparés et aux ordres, ont reçu des mains du SIRPA (service de presse de l’armée) la cassette officielle de la visite présidentielle, images nettoyées, montées et au format 20h00. Ce qui leur permettait d’aller déguster les petits fours sans tarder tout en envoyant de magnifiques images à leurs rédactions nationales. De la propagande médiatique digne des plus grandes heures staliniennes ! Pauvre presse !
Tout cela dans un contexte économique et politique qui se tend peu à peu, où l’indignation resserre peu à peu son étau sur un pouvoir de plus en plus autocratique et embarqué dans une dérive sécuritaire, dont les élus qui le soutiennent ne se rendent même plus compte (voir les déplacements troupiers du Président, la criminalisation de la contestation, les menaces sur la presse et les dirigeants de chaînes publiques, les punitions de haut-fonctionnaires, les attaques envers la justice et les juges, etc, etc, hélas etc....).
Pour rester un instant dans le domaine cinématographique, évoquons le film « Welcome » de Philippe Lioret qui sort en ce moment (sur le thème des migrants à Calais), et du pauvre ministre contorsionniste Besson qui à cette occasion essaie de justifier un article de cette loi nauséabonde et ignoble qui punit jusqu’à 5 ans de prison un citoyen qui aurait aidé un sans papier ! Alors qu’en même temps la loi fait obligation d’assistance à personne en danger !
Presse locale - informations sur la vie du film
Voici la liste complète des projections ici.
La presse locale a rendu compte de l’impact du film tandis que radios de Haute-Savoie et FR3 R-A ont pointé aussi la polémique avec le député Bernard Accoyer.
(sur le site du film, une interview audio et un reportage vidéo sont placés ici)
Nous mettons ici en ligne des extraits du journal de la radio France Bleu Pays de Savoie. C’était une interview du réalisateur, le 30 janvier.






voici des nouvelles d’Ariège : La triste affaire du cinéma municipal de Saverdun !
Dans le cadre de la programmation des films au Cinéma Municipal de Saverdun, a été proposée la projection du film « Walter, retour en résistance », suivi d’un débat avec le réalisateur Gilles Perret et des membres des associations ariégeoises de résistants. Cette programmation a été refusée par la Mairie de Saverdun. Malgré des tentatives de rencontres et demande d’explications, rien n’y a fait, le refus a persisté. Bien que rien n’ait été dit par écrit, à qui que ce soit, la raison invoquée par Mr Callaja, Maire de Saverdun, était que ce film prêtait à polémiques et n’était pas objectif. Les arguments des bénévoles de cette initiative comme quoi justement un débat permettait l’expression de chacun, n’a servi à rien (il a même été suggéré par l’adjointe à la culture, de le diffuser mais sans débat !!). Proposition ridicule, n’est-ce pas ? Ce film donne la parole à des résistants tels que Walter Bassan, Stéphane Hessel, John Berger. Ces résistants, en dépit de leur âge sont vifs et alertes : ils ne se contentent pas de commémorations, ils organisent visites et discussions avec des jeunes et sacrilège pour l’UMP : leur devise devient « résister maintenant ». Alors ce refus sur Saverdun, petite ville de 4 000 habitants, est-il justifié par le fait que le Maire, en Ariège, soit tête de liste UMP aux Régionales ? Ce refus du débat peut-il être relié au fait que des propositions fleurissent d’enlever l’enseignement de l’Histoire obligatoire dans certaines sections de terminales au lycée ? Et quelle est cette conception de la démocratie locale, où le pouvoir en place ne laisse aucune place à la libre parole des citoyens ? Et est-ce un comportement acceptable de la part du d’un magistrat de la ville ? Appel à toute personne qui se sent solidaire de cette initiative citoyenne et qui désire la soutenir : Ce film sera quand même projeté et le débat aura lieu, en Basse Ariège : A BRIE (Ã 5 minutes de Saverdun) le Samedi 6 Février : 20h30 accueil, 21h projection puis débat. Gilles Perret, le réalisateur sera là ainsi que des membres des associations de résistants.