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Pollution, coûts pétroliers

Aérodromes, un choix durable ?

Le cas de la Haute-Savoie
Publié le mardi 1er juillet 2008.



L’avion est le moyen de transport qui génère le plus de gaz à effet de serre.
C’est aussi le trafic qui augmente le plus rapidement (avec la marine marchande).
Paradoxe incroyable, il n’est pas soumis au protocole de Kyoto. ( à l’international, quand on pollue entre Genève et Moscou, il est difficile de dire que c’est dans tel ou tel pays : alors le trafic international a été sorti du bilan de réduction des émissions de gaz à effet de serre comptabilisées dans le protocole !!! )

Croissance infinie ?
Certains scénarios tablent sur un nouveau doublement du trafic aérien d’ici à 2020 ( à +5% par an). La consommation de carburant et les émissions polluantes augmenteraient alors trop pour pouvoir être compensées par les améliorations prévisibles sur les moteurs.

Le tout récent rapport (juin 2008) publié par la DGAC (Direction Générale de l’Aviation civile) donne une courbe saisissante des Tonnes Kilomètres Réalisés (passagers et fret), année après année :


Croissance des émissions et du trafic aérien commercial de la France entre 1990 et 2006
Source : CITEPA, DGAC


Croissance 1990-2006Émissions de CO2 Trafic aérien
Transport aérien intérieur+ 11 %+50 %
Transport aérien international+ 89 %+167 %
Total aérien+ 64 %+123 %

Le seul frein à cette croissance menaçante, c’est une forte taxation du kérozène, seule à même de stabiliser puis diminuer cette attaque frontale contre nos conditions de santé et de survie sur cette planète.

A cette pollution comptabilisée pour le CO2, il faut ajouter les émissions de vapeur d’eau (H2O), la formation de traînées de condensation et de cirrus, du fait de l’altitude, ainsi que les émissions d’oxydes d’azote (NOx) qui produisent tous de l’effet de serre supplémentaire !


La Haute-Savoie

Notre département comprend deux aérodromes autour des deux principales agglomérations :
- Annecy, aérodrome de Meythet.
- Annemasse : aérodrome d’Annemasse-Vétraz.
aérodromes tous deux classés en Catégorie C.  [1]

Et il existe aussi :
- Sallanches pour la Vallée de l’Arve, classé Catégorie D.
- Megève, classé Altiport.

Sur le site national de l’aviation civile, on peut avec l’écocalculateur, voir ce qu’on dégage en CO2 en volant depuis Meythet à Paris (Pour le CO2, un trajet en avion est calculé comme équivalent à un trajet en voiture pour chaque passager. Certains ajoutent : "en considérant un trajet en ville" ... Ce qui fait davantage de pollution que celle indiquée par l’écocalculateur !)

Les hauts-savoyards qui veulent prendre l’avion lorgnent aussi sur l’aéroport voisin, celui de Genève-Cointrin, surtout depuis la baisse du franc suisse.
Essentiellement basé sur le trafic international, avec des lignes pour tous les continents, cet aéroport a également une activité low-cost (prix cassés) non négligeable, dont les pubs débordent en Haute-Savoie voisine. (Easyjet est la principale compagnie de Cointrin !)
Voir cet article

Cointrin a des bénéfices qui décollent  :
l’Aéroport International de Genève a enregistré des résultats records en 2007.
Près de 11 millions de passagers (augmentation : + 9.5%). Son bénéfice net s’est établi à 51 millions de francs suisses ( = 33 millions euros), franchissant un nouveau cap.

Le bilan écologique n’est pas fabuleux :
La croissance conséquente et continue de l’Aéroport International de Genève représente une charge accrue sur l’environnement. A titre d’exemple, les émissions de composés organiques volatils sont passées de 197 tonnes en 2005 à 299 tonnes en 2007, une hausse (+ 50%, excusez-du peu !) que la direction attribue en partie à la pose de bitume liée aux travaux d’agrandissement. :-O
(site du Temps )

L’aviation d’affaires constitue cependant le tiers du trafic de l’aérodrome de Cointrin !
Dans un article paru en mai dans la Tribune de Genève, Jean-René Saillard, le patron en Suisse romande de Netjets, leader européen du trafic commercial privé, déclarait à propos des terrains d’atterrissage haut-savoyards :
«  Je serai ravi que celui d’Annemasse remplisse aussi tôt que possible nos critères d’opération. Cet aérodrome français se révèlerait particulièrement bien situé par exemple pour des passagers à destination des propriétés privées de Cologny, Collonges-Bellerive ou d’Hermance.  »

C’est vrai qu’à l’heure de la fracture sociale, les pauvres malheureux en question sont pressés de rentrer chez eux, dans leur masure, coincée contre le lac !

Il poursuit :
«  Après l’ouverture de l’autoroute A41, à la fin de cette année, des voyageurs préferont parfois utiliser l’aéroport du chef-lieu haut-savoyard pour se rendre dans des zones industrielles à l’ouest du canton de Genève.  »
D’ailleurs, cet article nous apprend aussi que “les autorités haut-savoyardes” ont engagé des discussions pour transférer à Annecy une partie de l’aviation d’affaires genevoise.

Déjà, l’A41 mettra la région Annécienne à 25 minutes de Genève, donnant la possibilité à des Suisses huppés (qui peuvent d’ailleurs contracter des prêts sur 99 ans) de s’offrir de belles maisons au bord du lac d’Annecy !

Mais, vouloir développer le trafic aérien sur Annecy couplé à l’autoroute, alors que Cointrin n’est pas encore saturé, voilà un “vrai” projet de développement durable pour notre département... :-(

Vivement l’avion solaire !

[1] (extrait de l’article R222-5 du Code l’Aviation civile)
- Cat. A : Aérodromes destinés aux services à grande distance assurés normalement en toutes circonstances.
- Cat. B : Aérodromes destinés aux services à moyenne distance assurés normalement en toutes circonstances et à certains services à grande distance assurés dans les mêmes conditions mais qui ne comportent pas d’étape longue au départ de ces aérodromes.
- Cat. C : Aérodromes destinés 1º) Aux services à courte distance et à certains services à moyenne et même à longue distance qui ne comportent que des étapes courtes au départ de ces aérodromes ;
2º) Au grand tourisme.
- Cat. D : Aérodromes destinés à la formation aéronautique, aux sports aériens et au tourisme et à certains services à courte distance.


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